Road trip dans la Puna argentine : notre itinéraire de 6 jours en van
Dans un voyage, il y a des lieux qui impressionnent non seulement par leur beauté mais également par la manière de les atteindre. Notre itinéraire dans la Puna en est un exemple parfait. Rien ne nous avait préparé à un tel voyage et pourtant, la traversée du désert s'est naturellement imposée à nous. On l'a choisie parce qu'elle sortait des sentiers battus: 640 kilomètres de pistes avec peu de réseau, peu de ravitaillement et une bonne dose d'inconnu. On l'a choisie parce qu'elle nous intimidait et exigeait qu'on sorte de notre zone de confort. Et à refaire, on se lancerait sans aucune hésitation.
Dans ce guide, nous partageons notre itinéraire avec une carte interactive, les endroits qui nous ont le plus marqués, notre expérience en Toyota Hiace 2x4 ainsi que les informations que nous aurions aimé avoir avant de partir. Ces informations sont basées sur notre voyage réalisé en avril 2026.

Table des matières
Notre traversée de la puna en chiffre
Durée : 6 jours
Distance : environ 640 km de pistes
Véhicule : Toyota Hiace 2x4
Point de départ : El Eje
Point d'arrivée : San Antonio de los Cobres
Altitude : environ 3 800 à 4 800 m selon les étapes*
Téléphone : réseau très limité sur plusieurs portions
Budget : environ 410 € pour deux personnes
Période : avril 2026
Excursions : 2 excursions, environ 180 € pour deux
Carburant : environ 110 € pour 650 km
*Source : PUNA | Géographie - Encyclopédie Universalis

La puna argentine : où sommes-nous exactement?
La Puna argentine se situe dans la cordillère andine. Elle est à cheval sur trois provinces: Salta, Catamarca et Jujuy. Elle présente de nombreux points communs avec le désert d'Atacama au Chili ou le Sud Lípez en Bolivie, à ce sujet, voir également également notre artile "Le Salar d’Uyuni en van : itinéraire, conseils et prix (2026)". Elle présente également un autre intérêt pour les voyageurs : elle reste encore très peu fréquentée.
C'est une région très aride et située à haute altitude. Les pistes accessibles en voiture peuvent monter très haut et certains sommets approchent les 7 000 mètres.
Le climat est également marqué par de fortes variations de température entre le jour et la nuit. Il faut donc se préparer à des conditions très différentes au cours d'une même journée.
Les conditions peuvent varier selon les secteurs de la Puna. Il est donc important de vérifier la météo et l'état des pistes avant de partir.
Les saisons australes
Été austral : décembre à février
Automne austral : mars à mai
Hiver austral : juin à août
Printemps austral : septembre à novembre
Saison des pluies : novembre à mars
Saison sèche : avril à octobre


Pourquoi nous avons choisi de traverser la Puna
Ce qui nous a attirés dans la Puna n'était pas seulement ses paysages. Nous avions devant nous deux possibilités. La première, choisir une route fréquentée menant à Salta. La deuxième, sortir des sentiers battus et se lancer dans une traversée de plus de 640 kilomètres de pistes impliquant autonomie et préparation.
Nous avons choisi la deuxième option. À partir de là, notre voyage a pris une autre dimension. Il fallait avancer avec les informations dont nous disposions, préparer notre itinéraire, gérer le carburant et accepter de ne pas toujours savoir exactement ce qui nous attendait derrière la prochaine piste. C'est cette part d'incertitude qui nous a particulièrement plu.
La traversée de la Puna restera l'une des expériences les plus marquantes de notre voyage.

Notre itinéraire de 6 jours dans la Puna
Nous avons traversé la Puna du nord vers le sud. Quelques kilomètres après la ville de El Eje, il faut quitter la mythique Ruta 40 et entamer une lente remontée par la Ruta 43 en direction de Villa Vil et El Peñon. Cette première section de 150 kilomètres est asphaltée, mais les paysages changent complètement. Après El Peñon, il faut rejoindre Antofagasta de la Sierra par la dernière portion d’asphalte.
- Jour 1 : El Eje à El Peñon - 150 km - asphalte - 3h
- Jour 2 : El Peñon et tour en 4x4
- Jour 3 : El Peñon à Antofagasta de la Sierra - 60 km - asphalte - 2h
- Jour 4 - début de la traversée du désert : Antofagasta de la Sierra à Antofalla - 78 km - pistes - 4h
- Jour 5 : Antofalla à Tolar Grande - 150 km - pistes - 8h
- Jour 6 : Tolar Grande à San Antonio de Los Cobres - 193 km - pistes - 12h
Dans la Puna, la distance en kilomètres ne veut pas dire grand-chose. 193 kilomètres peuvent occuper une journée entière.
D'Antofagasta de la Sierra à Antofalla
A partir d'Antofagasta, le goudron s’arrête pour laisser place à des pistes de terre de qualité variable. La traversée du désert commence. On est inquiets et excités à la fois. Nous faisons confiance en notre van, mais il est vieux et la peur d'une panne dans une région reculée est réelle. Quand on quitte l'asphalte, on ressent un sentiment particulier. Une prise de risque. Une petite boule dans le ventre. C'est le fait d'affronter l'incertitude, de se préparer mentalement pour l'inconnu. Subitement, on se retrouve seuls. Les routes sont vides, on ne croise que des troupeaux de vicuñas. Ça donne un sentiment de liberté et d'isolation.
A la sortie d’Antofagasta, il existe deux possibilités : poursuivre vers le nord-est sur la 43 en direction du Salar Del Hombre Murto ou emprunter une piste alternative vers le Salar d’Antofalla via la Ruta 44. Nous avons choisi la deuxième option, une section de 78 kilomètres de piste impliquant un col à franchir afin de rejoindre un énorme salar* et la ville d’Antofalla.
*Qu’est-ce qu’un salar? Un salar est un désert de sel : une étendue plate recouverte d’une croute de sel. C’est en réalité un lac asséché à fond plat. Certains salars sont périodiquement inondés durant la période des pluies, comme le Salar d’Uyuni en Bolivie. Ils présentent parfois des particularités: vasques colorées remplies d’eau salée, geysers, et formes de vie primaires.
D'Antofalla à Tolar Grande
En quittant Antoffalla, nous avons emprunté une piste vers le nord qui contourne le Cerro Tebenquicho par son flanc ouest. Cette piste mène à Arizaro et son fameux Cono de Arita.
Nous avons eu la chance de prendre un petit-déjeuner avec une vue imprenable sur le volcan. C'est dans ce genre de moment qu'on réalise l'isolement et la chance de parcourir ces contrées.
Après la traversée de ce salar, il est possible de faire une pause ravitaillement à Tolar Grande, près de 150 kilomètres après Antofalla. La piste est relativement bonne jusqu’au Salar avant de devenir nettement plus difficile. Nous avancions parfois à seulement 20km/h avec de nombreux chocs.
De Tolar Grande à San Antonio de Los Cobres
De Tolar Grande, on emprunte la Ruta 27 pour traverser le Desierto del Diablo puis le Salar de Pocitos. Après quelques dizaines de kilomètres, on récupère la 51 qui mène à San Antonio de los Cobres. Cette portion a été la plus difficile de toute notre itinéraire. De petits vaguelettes se forment sur la piste sous l'effet du vent et du passage des camions. La conduite devient alors très lente et particulièrement inconfortable. San Antonio marque la fin de la traversée du désert.
Nous avions prévu de pousser jusqu’au Salinas Grandes mais les pistes avaient eu raison de notre courage. Nous avons finalement choisi de rejoindre Salta par la route asphaltée.

Les lieux qui nous ont le plus marqués
La puna regorge de paysages très différents. Voici ceux qui nous ont le plus marqués pendant notre traversée.
Dunas de Randolfo. Une dune de sable au milieu des paysages désertiques de la Puna. On peut marcher sur sa crête avec les montagnes à l’horizon. Le vent, le soleil, le sable, tout cela donne au lieu une ambiance très particulière.


Campo de Piedra Pómez. Un immense champ de roche volcanique blanche, sculptée par l'érosion. Les formations donnent l'impression d'une mer pétrifiée. C'est l'un des paysages que nous avons particulièrement appréciés dans la région.



Volcan et laguna Carachi Pampa. Un volcan aux roches noires au pied duquel reposent des flamants rose. Ceux-ci se nourrissent des micro-organismes présents dans la Laguna Carachi Pampa.

Laguna Grande/Espejon. Une lagune d’eau salée aux reflets verts, ocres et beige. Elle abrite également une importante population de flamants roses. Nous avons pu observer leurs atterrissages dans les eaux peu profondes de la lagune.



Volcan Galàn. Abrite une immense caldeira volcanique au sein de laquelle se trouvent notamment des geysers. Le panorama depuis les hauteurs est spectaculaire.

Salar d'Antofalla. C'est l'un des paysages qui nous a le plus impressionnés pendant la traversée. Nous avons dormi une nuit venteuse à côté des Ojos de Campo, des formations et bassins d'eau aux couleurs particulièrement vives. C'est également un endroit qui se prête très bien aux prises de vue aériennes.




Cono de Arita. Un cône perdu au milieu du désert. C’est une formation rocheuse surprenante tant par sa symétrie presque parfaite que par sa présence au milieu d’un désert de sel.

Peut-on traverser la Puna en van 2x4 ?
Nous avons parcouru plus de 640 kilomètres de pistes avec notre fidèle Toyota Hiace, muni d’une propulsion 2x4. Cela ne signifie pas que toutes les pistes de la Puna sont accessibles avec n'importe quel véhicule. Bien au contraire! Certaines pistes requièrent un 4x4, comme les excursions au départ d'El Peñon. Le choix de l'itinéraire en fonction du véhicule est donc primordial.
Les conditions climatiques sont également à prendre en considération. Bien que très rares, les pluies peuvent rendre les pistes impraticables. En hiver, il arrive également que la neige puisse gêner énormément la circulation. Nous suggérons d’y être attentif.
Il faut également savoir que la qualité des pistes varie d’année en année. Ces dernières sont majoritairement utilisées en conséquence de l’activité minière. Les pistes sont entretenues en fonction. Globalement, il faut s’attendre à des portions de type « tôle ondulée », rendant la conduite parfois très inconfortable.
Peut-on visiter la Puna sans voiture?
Oui, il est possible de visiter la Puna sans véhicule. Il faut alors recourir à des tours opérateurs qui proposent des excursions à la journée ou sur plusieurs jours. San Antonio de Los Cobres est notamment accessible depuis Salta et constitue un point de départ pour différentes excursions. Des excursions partent également d'El Peñón, même si cette ville est plus difficile à rejoindre en transports en commun. Nous avons fait appel à Junsay Adventure à El Peñón et avons été très satisfaits du service. Les excursions nous ont également semblé nettement moins chères que dans d'autres régions touristiques d'Amérique du Sud.

Ce qu'il faut savoir avant de partir
La traversée de la Puna demande un minimum de préparation. Ce n'est pas tant la distance qui est difficile que l'isolement et les conditions dans lesquelles il faut parcourir certaines portions.
Dormir à plus de 4000 m d'altitude
La première chose à prendre en compte est l'altitude. Dès le premier jour, nous avions atteint 3700 mètres d'altitude. Les sensations sont particulières: maux de tête, sensation de flottement. Il nous a fallu quelques jours pour nous y habituer. À refaire, on aurait dormi une première nuit aux alentours de 3 000 mètres avant de monter par paliers plus progressifs.
Pour les recommandations médicales précises concernant le mal aigu des montagnes, mieux vaut se référer à une source médicale spécialisée.
Prévoir suffisamment d'eau, de nourriture et de carburant
Pour la traversée en van aménagé, camping-car ou tout autre véhicule motorisé, il faut une préparation en amont. Premièrement, veiller à bien remplir les réserves d'essence, de nourriture et d'eau potable pour plusieurs jours d'autonomie. Nous avons fait le plein en cours de traversée et payé le prix fort dans une petite pompe. A refaire, on aurait rempli deux bidons en amont, à El Eje par exemple.
Il est possible de trouver quelques points de ravitaillement aux villes suivantes: El Peñon, Antofagasta de la Sierra, Antofalla ou Tolar Grande. Nous recommandons vivement de prendre un petit-déjeuner à Antofalla dans "la Casa de Altura". Une auberge simple, tenue par une famille très accueillante.
Télécharger les cartes avant de partir
Le réseau téléphonique est très limité dans certaines sections de la traversée. Il faut donc télécharger ses cartes avant de partir. Nous avons utilisé Maps.me ainsi que les images satellites de Google Maps. Ces dernières nous ont notamment permis de repérer certaines pistes qui n'apparaissaient pas automatiquement dans notre application de navigation. Cette préparation prend du temps, mais elle permet de mieux anticiper les différentes sections de l'itinéraire.
Et en cas de panne ?
Certaines sections de cette piste sont très isolées. En cas de panne, organiser un dépannage peut donc devenir compliqué. Ce n'est pas impossible, mais il vaut mieux en avoir conscience avant de s'engager sur les pistes les plus reculées. Si possible, voyager avec d'autres véhicules peut apporter une sécurité supplémentaire en cas de problème. Cela dit, de nombreux voyageurs réalisent cette traversée avec un seul véhicule sans rencontrer de difficulté particulière.


Combien de jours prévoir ?
Cela dépend de la formule choisie. Pour notre traversée complète, 6 jours ont été nécessaires. Certaines journées ont été particulièrement longues, avec plusieurs heures de conduite sur des pistes difficiles. Les 640 kilomètres de pistes ne se parcourent évidemment pas à la même vitesse que 640 kilomètres d'asphalte.
Si vous choisissez plutôt de faire des excursions depuis San Antonio de Los Cobres ou El Peñón, nous pensons que trois jours et deux nuits permettent déjà de découvrir une bonne partie des principaux sites.

Quel budget prévoir ?
Voici le budget que nous avons consacré à notre traversée :
- Nourriture : 10€ par personne par jour.
- Essence : 17€/100 kilomètres donc 110€ pour 650 kilomètres (Avril 2026).
- Excursions : 180€ pour deux personnes et deux excursions (Avril 2026).
En ajoutant un ou deux restaurants, nous sommes à un budget total de 410€ pour deux personnes. Les prix étant susceptibles d'évoluer, ce budget doit être considéré comme un retour d'expérience correspondant à notre voyage plutôt que comme un tarif actuel.

Préparer son voyage dans la Puna
Si vous ne souhaitez pas organiser vous-même la traversée, certaines agences proposent des formules complètes et sur mesure. Par exemple, l'agence Au Tigre Vanillé ou encore Pie Expérience.
Nous avons aussi adoré nous replonger dans cette aventure grâce au documentaire de la chaîne Youtube "Toyota World Runners" intitulé "LEGENDARY 6 Day Off-Road Route | Overland Travel Documentary".
Pour une traversée en autonomie, nous recommandons surtout de préparer l'itinéraire en amont, de télécharger les cartes hors ligne et de prévoir suffisamment d'eau, de nourriture et de carburant.
FAQ
Où se trouve la Puna argentine?
La Puna se situe dans le nord-ouest de l'Argentine, dans la région des Andes, notamment autour des provinces de Salta, Catamarca et Jujuy
Peut-on visiter la Puna en van ?
Oui. Nous avons traversé plus de 640 kilomètres de pistes avec notre Toyota Hiace 2x4. Cela dépend néanmoins de l'état des pistes et des conditions météorologiques.
Quelle est la meilleure période pour visiter la Puna ?
La saison sèche s'étend généralement de avril à octobre, mais les conditions peuvent varier selon les secteurs. Il est conseillé de vérifier les conditions locales avant de partir.
Quels sont les principaux risques dans la Puna ?
Pour nous, les principales difficultés ont été liées à l'isolement, à l'état des pistes, à l'altitude et aux conditions météo.
Combien de jours faut-il prévoir ?
6 jours pour une traversée complète, 3 jours pour faire des excursions à San Antonio de Los Cobres ou d'El Peñon.
Faut-il un véhicule 4X4 ?
Pas obligatoirement, nous avons suivi un itinéraire avec un Toyota Hiace 2x4. En revanche, certaines excursions et certaines pistes peuvent nécessiter un 4x4 selon leur état et les conditions du moment.


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